À l’automne 2022, Revital fêtera ses 30 ans. Jusqu’à aujourd’hui, c’est le seul hôtel en Suisse qui permet aux femmes de se retrouver entre elles pendant tout une semaine et où elles peuvent récupérer, se détendre et se revitaliser. La combinaison entre cuisine détoxifiante, soins cosmétiques et thérapies est encore à ce jour tout autant actuelle qu’en automne 1992, lorsque Doris Ammann a ouvert aux Rasses son centre de revitalisation pour femmes. Dans un grand interview d’anniversaire, la propriétaire et directrice actuelle Pascale Pilloud, nous offre un coup d’œil passionnant dans les coulisses de Revital et nous parle de ses hauts et bas personnels.

Pascale, quand as-tu repris Revital ?

J’ai commencé à travailler à Revital en janvier 2006. Un an et demi plus tard, en octobre 2007, j’ai repris l’hôtel. Pendant ce laps de temps, l’ancienne propriétaire m’a bien formée et m’a inculqué la philosophie de Revital.

Comment es-tu arrivée à Revital ?

Comme la Vierge à l’Enfant ! (Rires). J’ai rencontré Doris et son mari, Aschi, à la fête d’anniversaire d’un ami commun. Erik et son épouse, Marianne, avaient été clients des Rasses fin 2003. Doris leur avait dit alors qu’elle envisageait de cesser son activité et qu’elle était à la recherche d’un successeur. À la question s’ils connaissaient une femme susceptible de reprendre Revital, ils avaient secoué la tête. Quelques minutes plus tard, tous deux disaient en choeur qu’ils pensaient à quelqu’un – en l’occurrence moi. Ensuite, Erik m’a téléphoné et m’a enthousiasmée en me parlant de l’opportunité de reprendre Revital.

Comment as-tu réagi ?

Je n’en ai pas cru mes oreilles ! Moi avec un hôtel ? Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’étaient l’hôtellerie et la restauration. En outre, j’avais un bon job, qui m’apportait pleine satisfaction. Enfin, le Jura francophone n’était pas une région qui m’attirait particulièrement. Malgré cela, la conversation en cours a fait tilt et je me suis dit: « Tu devrais au moins regarder – pour qu’à 80 ans, en regardant ton parcours, tu ne doives pas constater avec regrets d’avoir manqué la plus grande chance de ta vie ! » Le week-end suivant déjà, je suis allée aux Rasses pour découvrir Revital. J’avais emmené avec moi un couple de connaissances qui avaient travaillé dans la gastronomie et l’hôtellerie. Doris a juste eu un sourire fatigué: « Tu ne dois pas visiter l’hôtel. Tu dois vivre Revital! » a-t-elle répondu à mon regard circonspect sur les deux maisons.

En fait, tu as été toi-même cliente à Revital ?

Oui, en mars 2004, j’ai réservé une semaine à Revital. J’étais fermement convaincue qu’à la fin de la semaine, je pourrais mettre cette chimère aux affaires classées.

Comment s’est passé cette semaine?

Comme déjà dit: je m’étais muni de toute la liste des critiques. D’avance, ma voix critique intérieure me murmurait non stop: « Les thérapies n’apportent rien! L’emplacement est une catastrophe! Le marketing est inexistant ! » etc.

Est-ce que tes craintes se sont réalisées?

« Non ! Bien au contraire. Après cette semaine, j’ai su : « C’est mon appel ! »

Qu’est-ce qui a suscité ton enthousiasme?

Les thérapies et les soins m’ont enthousiasmée et ont mis en mouvement de nombreux processus évolutifs. Pendant cette semaine, j’ai touché de près mon être et mon essence profonde.

Est-ce que tu t’es engagée à la fin de la semaine ?

J’ai manifesté mon intérêt, oui. Mais, j’ai annulé ma décision peu de temps après.

Comment est-ce arrivé ?

Dans les semaines qui ont suivi ma semaine d’essai, ma vie privée a été profondément secouée: mon mari de l’époque est tombé amoureux d’une autre femme et me l’a annoncé une semaine après mon séjour à Revital. Cinq semaines plus tard, ma mère décédait brusquement d’une crise cardiaque – quatre heure avant d’être admise à l’hôpital pour un pontage. J’étais sens dessus dessous. Je me sentais comme dans l’essorage d’une machine à laver. C’est pour cette raison que j’ai annoncé à Doris que je ne pouvais pas prendre une décision aussi importante que l’acquisition de Revital dans ces conditions. Je devais d’abord reprendre pied et retrouver mes moyens. L’année qui a suivi a été consacrée à faire le deuil et à tenter de donner encore une chance à mon mariage.

Est-ce que la chance vous a souri ?

Non. Après un an, je savais que je ne pouvais plus attendre de mon entourage que les choses tournent au mieux pour moi. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’emprunter une nouvelle voie professionnelle et de me lancer. Toutefois, je ne pouvais pas et je ne voulais pas prendre déjà une décision définitive. J’ai alors proposé à Doris de démissionner de mon poste et de travailler pendant 12 mois en tant qu’assistante, et de me plonger ainsi pleinement et totalement dans le monde de Revital. Je m’engageais, après ces 12 mois, à prendre une décision définitive sur l’acquisition ou non de Revital. Cette façon de faire m’offrait la possibilité de vivre la vie quotidienne à Revital. Doris avait la conviction que si je vivais le concept pendant un an, je serais en mesure, après la reprise de l’hôtel, de poursuivre dans ce même sens. J’ai acheté un petit pied à terre dans les environs et l’ai aménagé selon mes goûts. Je sentais qu’après tous ces mois de déracinement, je devais redonner à mon âme une oasis de sécurité.

Une histoire typique de Revital…

En effet. C’est pourquoi je la raconte ici avec autant de détails – je voudrais encourager les femmes à oser quelque chose, à suivre leur coeur et aussi une fois à prendre un risque. Peu de temps après mon entrée en fonction, il s’est avéré que ce n’était pas une résidence secondaire mais bien que j’avais trouvé mon nouveau chez-moi. En prenant en compte la maxime « mieux vaut être seule que mal accompagnée », je me suis décidée à poursuivre ma route seule et à laisser mon mari et ma maison de rêve au Mont Vully derrière moi. J’aurais pu habiter et financer la maison seule. J’ai cependant senti rapidement qu’après ces événements tumultueux j’avais besoin d’une séparation nette afin de ne pas débuter ma nouvelle vie avec trop de charges héritées du passé. Lorsque je me suis réveillée la première fois dans mon petit appartement et que j’ai vu la mer de brouillard et le panorama des Alpes, j’ai enfin pu, après deux ans, respirer profondément. J’ai ressenti une incroyable liberté et j’ai su que : « c’est bien comme cela ».

Quand t’es-tu décidée définitivement pour Revital?

J’ai pris la place d’assistante à Revital en janvier 2006 et en décembre 2006, j’ai pris la décision de tenter l’aventure et d’acheter l’hôtel de revitalisation pour femmes dans le canton de Vaud…

As-tu jamais regretté cette décision ?

Non ! À aucun moment ! Dans ma vie, je m’étais délestée du poids des autres. Mon mari. Ma maison. Tous les amis et la parenté étaient au moins à une heure de route. Mais j’avais devant moi un incroyable et super projet – et pas d’obligations.

Alors c’est juste de dire : « Chaque crise est aussi une chance ? »

Certainement ! La vie suit ses propres chemins. Je voulais me consacrer pleinement et totalement à Revital et ne plus laisser aucun homme m’approcher pendant les prochaines années. Pour cette raison, j’ai construit un beau mur de protection autour de moi. Mais apparemment, j’y avais laissé une petite brèche. Et mon mari d’aujourd’hui l’a exploitée ! J’avais à peine bien compris ce qui m’arrivait qu’il faisait déjà partie de ma vie. Nous sommes ensemble depuis 16 ans et sommes mariés depuis bientôt 10 ans. Je ne pouvais pas imaginer mieux à mes côtés. Notre cadre de vie, avec Revital aux Rasses, son entreprise à Berne et notre foyer à Granges n’est certes pas quelque chose de conventionnel. Ça ne fonctionne que si le partenaire a une tonne de compréhension, est lui-même très actif et est toujours à vos côtés comme soutien et non comme frein. À ce stade, « merci de tout coeur » cher Raphi, pour les années communes. Pour ton soutien, ton amour et ta présence. Tu es mon roc face au ressac.

Tu es le célèbre phénix qui renaît de ses cendres…

On ne peut pas toujours choisir ce que la vie vous apporte sur le rivage. Mais on peut toujours décider de comment on gère la situation. J’ai appris de ma grand-mère que le plus important est de tirer le meilleur parti d’une situation aussi disgracieuse soit-elle. Beaucoup de gens veulent être heureux. Mais la plupart oublient qu’on doit d’abord être content pour permettre au bonheur de « s’installer sur la crème ». Comme le disait si bien Nightbride : « You can’t wait until life isn’t hard anymore, before you decide to be happy. »

Avec quelle philosophie as-tu démarré?

J’ai longtemps travaillé dans une grande société suisse. Chaque changement de PDG amenait une nouvelle stratégie. Après le cinquième PDG, on en était exactement au même stade que quelques années auparavant. Je voulais éviter cela à Revital. J’ai commencé sur le Balcon du Jura avec la conviction que je ne risquais rien en continuant à diriger l’hôtel de la même manière que mon prédécesseur. La semaine d’essai ne m’avait pas enthousiasmée pour rien. Avec le temps, j’ai ensuite fait quelques petites améliorations ici et là. Jusqu’à ce jour, nous sommes restés fidèles à la philosophie: « Ne rien changer pour engendrer le changement »

Quel a été le premier changement que tu as introduit à Revital?

Lors de mon séjour d’essai, le Bodypeeling durait 25 minutes. J’avais trouvé que c’était un peu court. C’est pour cette raison que, en coopération avec les esthéticiennes, nous avons étendu le soin à 50 minutes. Auparavant, nous faisions le massage avec des tampons d’algues. Aujourd’hui, il est réalisé avec des pierres précieuses. Plus tard, nous avons introduit le très apprécié massage Lomi-Lomi.

Pascale Pilloud est propriétaire et directrice de Revital depuis 2007. Ce n’est pas pour rien que de nombreuses clientes la surnomment affectueusement « Madame l’ange ».

Revital me donne une impression assez moderne. As-tu apporté des améliorations aux chambres ?

Oui, bien sûr. Les deux maisons ont depuis le temps pris quelques années au compteur. Lorsque j’ai acquis Revital, il y avait du tapis dans toutes les chambres. À l’époque, c’était très courant et ça faisait « soigné ». Au fil du temps, nous avons posé du parquet, plus hygiénique, dans toutes les chambres et changé les fenêtres. L’année passée, nous avons remplacé le mobilier de la salle à manger et cette année, le sauna a été complètement rénové.

Les alentours sont aussi neufs et soignés

Oui, nous avons aménagé un grand étang et différents murs de pierres sèches. Cependant, nous n’avons jamais fermé Revital et avons tout rénové petit à petit. Nous sommes toujours « restés dedans », tout en améliorant et en embellissant constamment.

Évolution au lieu de révolution…

Exactement. Revital est un lieu très particulier avec une philosophie toute particulière. Pendant toute la semaine, nous n’avons pas de changements d’hôtes: nos clientes arrivent ensemble le dimanche et quittent l’établissement ensemble le samedi. Le groupe passe donc toute la semaine ensemble. Nous créons ainsi un cocon sans précédent dans lequel les femmes se sentent en sécurité.

D’après toi, qu’est-ce qui fait que Revital sort du lot ?

Il existe beaucoup d’hôtels qui proposent une excellente cuisine. Ou de bonnes thérapies. Mais que tout s’entrelace ainsi n’existe nulle part ailleurs. Nous avons de fantastiques thérapeutes, de super esthéticiennes et une fabuleuse cuisine détoxifiante. Dans un hôtel wellness habituel, on peut très bien se détendre et profiter de la vie. Mais le travail ne se fait pas en profondeur comme chez nous. Ce n’est pas pour rien que de nombreuses clientes s’enthousiasment dans leurs commentaires : « Une semaine à Revital équivaut à 3 semaines de vacances ». C’est aussi pour cette raison que nous avons un nombre incroyable de femmes qui viennent régulièrement à Revital pour recharger leurs batteries. Certaines sont déjà venues ici 10, 20 ou même 30 fois. Ou 49 fois, comme Helen. Tu pourrais aussi une fois l’interviewer – elle connaît Revital presque encore mieux que moi !

Revital est donc toujours unique à ce jour ?

Comme on le pratique, oui, absolument. Beaucoup de femmes, qui viennent à Revital pour la première fois, me disent à la fin de la semaine qu’elles n’ont encore jamais vécu quelque chose de comparable. Qui fait des vacances à Revital atteint son essence profonde et parvient à se centrer. En ces temps frénétiques, la plupart des femmes n’ont pas l’occasion et le temps de se sentir. À Revital, elles sont confrontées à elles-mêmes et surmontent les blocages qui les accompagnent et les entravent depuis des années. Les femmes qui aiment poster sur Instagram le plus de photos d’action cool que possible, ne se sentiront pas bien à Revital. C’est clair. Par contre, c’est le lieu idéal pour les femmes qui veulent changer durablement quelque chose dans leur vie.

Est-ce que quelque chose s’est modifié en 30 ans ?

Aujourd’hui, les clients réservent leurs séjours beaucoup plus tard. Auparavant, nous pouvions terminer le plan de traitements plusieurs semaines à l’avance, car toutes les réservations avaient été faites des mois, voire une année à l’avance. Aujourd’hui les dernières réservations tombent la semaine avant le séjour.

Beaucoup de clientes attendent jusqu’au dernier moment pour finalement réserver leur séjour.

Est-ce que c’est mauvais?

Mauvais, non. Mais le risque, c’est par exemple qu’un état d’épuisement s’aggrave de jour en jour. Les femmes qui s’accordent une pause assez tôt retournent à la vie quotidienne avec joie de vivre et énergie. Pour les femmes qui attendent trop longtemps avant de réagir, même une semaine à Revital ne suffit parfois plus. C’est pourquoi on s’offre une grande chance en réservant un séjour dès qu’on en ressent le besoin.

Que veux-tu dire par là ?

Le proverbe n’est pas là pour rien: l’anticipation est la plus belle joie ! Lorsque je sais que dans 3 mois, je serai à Revital, je prends les choses beaucoup plus légèrement. J’ai un projet et je peux me réjouir pendant trois mois : que vais-je faire à Revital ? Quelles thérapies vais-je m’offrir ? Quelles randonnées ai-je envie de faire ? Je ne connais pas beaucoup de femmes qui, en consultant notre site dans des heures sombres, ne se sentent pas déjà mieux. De plus, les réservations à court terme présentent l’inconvénient que la semaine souhaitée est peut-être complète. Après six ans passés à la tête de Revital, j’ai pour la première fois dû répondre à une cliente que nous étions irrémédiablement complets; elle a fondu en larmes au téléphone. Aujourd’hui, cela arrive fréquemment, car contrairement à avant, les femmes ne réservent pas d’une fois à l’autre leur séjour pour l’année prochaine.

Et sinon, y a-t-il eu d’autres changements ?

J’ai l’impression qu’aujourd’hui les gens jeunes sont déjà stressés. Les médias électroniques et l’accessibilité permanente procurent un stress permanent. Il faut toujours être atteignable et toujours être disponible. Pour ces personnes, Revital est une vraie oasis. Sans wifi. Sans réception de téléphone portable.

Quelles sont les raisons principales qui amènent à un séjour à Revital ?

La plupart du temps, les nouvelles clientes ont un déclencheur: elles sont à la limite, sont sur le point d’être en burn-out, luttent dans leur relation de couple ou veulent se remettre d’une opération. Lorsqu’elles ont été une fois ici, elles en viennent toutes seules à l’idée qu’elles peuvent aussi s’accorder un séjour sur le Balcon du Jura juste comme ça – et pas que lors d’une situation de crise. Il arrive encore souvent que de nombreuses femmes donnent beaucoup d’elles-mêmes et qu’elles ne reçoivent que très peu. Je compare volontiers ces femmes à une station-service. Si un camion citerne ne passe pas de temps en temps et que ces stations services ne sont pas approvisionnées en essence fraîche, elles n’auront bientôt plus rien à donner – même si elles le souhaitent.

Tu as vu passer beaucoup de destinées. Qu’est-ce qui t’as le plus touchée ?

Je pourrais raconter des centaines d’histoires réconfortantes. Mais pour cela, je devrais écrire un livre plutôt que donner un interview. De toutes façons, je suis chaque fois profondément touchée lorsque nos clientes quittent Revital avec les larmes aux yeux. Ou lorsque un ou deux ans après son dernier séjour, une femme vient vers moi au bureau et dit: « Revital m’a sauvé la vie ! » Alors je sais que ce que nous faisons a tout son sens.

Ta pire expérience?

La pandémie m’a obligée à séparer mes hôtes en deux catégories. Ça m’a été difficile.

Y a-t-il aussi des clientes qui ne sont pas satisfaites de Revital ?

Il y en a ! Nous prenons au sérieux chaque feed-back et mettons tout en oeuvre pour nous améliorer. Fidèles à la devise du célèbre écrivain suisse Gottfried Keller: « Nous ne demeurons pas bons si nous ne cherchons pas toujours à nous améliorer. »

Y a-t-il aussi des critiques injustifiées ?

Il y en a. À ce sujet, il me revient une histoire amusante : lorsque j’étais assistante à Revital, Doris s’était accordée deux semaines de vacances. Je voulais évidemment faire le mieux possible et me suis décarcassée depuis tôt le matin jusqu’à tard le soir. À la fin de la semaine, l’équipe et moi nous étions d’accord : nous nous étions bien débrouillés ! Mais lorsque j’ai lu les commentaires de feedback, le monde s’est effondré pour moi : 3 femmes ne nous avaient pas ménagés; ni moi, ni Revital. Des décorations florales aux thérapies en passant par les repas, tout était une catastrophe ! En pleurant, j’ai appelé Doris et lui ai avoué que j’avais pourri le séjour de 3 clientes de longue date et m’en excusai 100 fois. Doris me demanda : « C’était celle-ci, celle-là et celle-là ? » Mon sang n’a fait qu’un tour. Apparemment, les trois s’étaient déjà plaintes auprès d’elle ! Mais elle a juste ri : «Ne te prends pas la tête – chaque année, elles écrivent une critique acerbe – et reviennent chaque année ! »

Est-ce vrai que vous recevez aussi des femmes célèbres à Revital ?

Il nous arrive d’accueillir sur le Balcon du Jura des politiciennes et des femmes connues dans les milieux économiques. Des actrices connues se sont également ressourcées à Revital. On n’en fait cependant pas une grosse histoire. Cela fait partie du concept Revital que les clientes sont à table ensemble, sinon elles ne se rencontreraient jamais.

Quel rôle joue l’âge dans les conversations à table ?

Parfois des femmes m’appellent avant de réserver car elles veulent savoir quelle est la moyenne d’âge dans une semaine donnée. Je ne la connais pas. Et je ne tiens pas du tout à la connaître. Avoir une conversation passionnante avec quelqu’un n’a rien à voir avec l’âge. Les jeunes femmes qui n’ont pas l’habitude de côtoyer des personnes plus âgées, profitent de l’expérience et de la sagesse des femmes plus âgées. Autrefois, nous avons eu une vieille dame dans la salle à manger qui ressemblait au personnage d’un livre d’enfants. Lors d’une belle soirée, elle raconta sa vie. Elle était l’une des premières plongeuses professionnelles et voyageait d’une mission spéciale à l’autre dans le monde entier. C’était fascinant comme les autres étaient suspendues à ses lèvres. Une autre cliente avait grandi sans avoir connu ses grands-parents et ne souhaitait rien de plus ardemment qu’avoir une grand-mère. Elle s’est bien entendu avec une dame âgée et parce que celle-ci n’avait qu’une envie, à savoir avoir une petite-fille, les deux se sont mutuellement adoptées. À Revital, les contes de fées deviennent réalité ! Pour beaucoup de femmes, à la maison et au travail, ce n’est pas rose tous les jours, il n’y a pas que la paix et la joie. À Revital, on se raconte ce que l’on a fait dans chacune de ces situations, on se donne des conseils et on se soutient mutuellement.

En allemand moderne, on pourrait dire que Revital est une communauté forte !

Exactement ! Au repas de gala, nous enlevons les étuis de serviettes. Il est déjà arrivé à plusieurs reprises qu’une cliente recherche désespérément son étui, parce qu’elle y a noté tous les trucs et astuces reçus des autres hôtes au cours de la semaine. Comme nous savons cela, nous ne jetons évidemment pas les étuis et les conservons encore quelques temps.

C’est typique à Revital – rien ne vous échappe.

Nous mettons tout en oeuvre pour que le séjour de nos hôtes sur le Balcon du Jura soit aussi agréable que possible. Ceci implique que nous connaissions les préférences et les désirs de nos clientes. Quelqu’un souhaite-t-il un peignoir extra large ou une bouillotte particulièrement chaude, nous en prenons note et faisons en sorte que les années suivantes, ce soit aussi fait selon les souhaits du client. Si nous savons par exemple qu’une cliente ne boit pas d’alcool, elle reçoit automatiquement un verre de boisson sans alcool lors de l’apéritif de bienvenue et lors du dîner de gala. Ce genre d’attentions manque à beaucoup de femmes dans la vie de tous les jours. Elles en profitent d’autant plus aux Rasses.

Même si l’âge n’a pas d’importance : quel âge avait la cliente la plus âgée ? Et la plus jeune ?

La cliente la plus âgée avait 99 ans et demi lors de sa visite. La plus jeune, 14 ans. Elle venait régulièrement avec sa grand-maman à Revital.

Que donnes-tu comme astuces à une cliente qui réserve pour la première fois une semaine à Revital ?

Elle doit se laisser aller rapidement dans la fatigue et ne pas se ruer le premier jour au Chasseron. Beaucoup de femmes ont de la peine à trouver la sortie de la roue du quotidien et font à Revital exactement la même chose qu’à la maison. Plus vite une femme se laisse aller à ressentir la fatigue, plus vite elle retrouve de l’énergie et est reposée pour retourner à la vie de tous les jours en fin de semaine. L’expérience montre que l’énergie revient le mercredi. Cela laisse donc suffisamment de temps pour profiter de la nature et par exemple pour aller admirer la pierre de la paix au sommet du Chasseron. Qui vient à Revital doit aussi une fois profiter du vide et de l’inaction pour tout simplement se détendre et laisser flâner l’âme.

Où récupères-tu lorsque ta station-service est vide ?

Je récupère beaucoup d’énergie dans notre maison. Je vais aussi volontiers en vacances, bien sûr, à la mer, dans une ville sympa ou dans une belle région. Par exemple en hiver, faire du ski à la montagne. En outre, je passe volontiers du temps avec nos amis (mais c’est souvent malheureusement trop court). Mais le plus important pour moi, c’est de toujours me créer une petite oasis quotidienne. Ma maison doit être une oasis de beauté et de joie. J’adore être à l’aise à la maison. Être entourée de beaux objets. En profiter ou en faire profiter nos invités. Ça me donne la force d’être à nouveau disponible pour « mes » femmes à Revital.

Voudrais-tu ajouter quelque chose pour terminer ?

Oui, quelque chose qui est pour moi très important: Revital n’est pas un One-Woman-Show. Nous sommes une équipe à laquelle chacun participe avec passion et est prêt à faire le petit plus pour le client. « Merci de tout coeur » : Adrian, Alexandra, Anne-Catherine, Aurélie, Axelle, Barbara, Bo, Carla, Carole, Caroline, Catherine, Chantal, Daniel, Daniella, Delphine, Didier, Dominique, Eduardo, Eliane, Elisenda, Elke, Eloisa, Fernanda, Florence, Hélène, Heli, Helmut, Hotzenplotz, Janine, Jean-François, Jennyfer, Jérémy, Julie, Karin, Karla, Kathia, Laurent, Marie-Christine, Maire-José, Marlis, Maude, Michael, Mona, Nadine, Nicole, Patricia, Patrick, Pierre-Yves, Reda, Sabine, Sandy, Silvia, Solange, Sonja, Sylke, Stéphanie, Tim, Yves. Un merci tout particulier va à Doris Amman : je te remercie du fond du coeur d’avoir eu le courage qui t’a permis d’emprunter ce chemin il y a 30 ans et de créer cette fantastique oasis pour femmes.

Pascale Pilloud

Pascale Pilloud

2 Commentaires

  1. Jean-François Randin

    Je ne suis pas à Revital depuis longtemps, j ai découvert ce travail par le bief de Pascal Leuba s occupait anciennement de vos jardins extérieur.
    Je suis heureux de faire les entretiens de ceux ci, qui sont une satisfaction a regarder tous les jours et de voir l évolution de chaques petite et grande plate bande qui garnissent les deux hôtels .
    Le travail journalier des entretiens ne s arrêt jamais, il faut persévérer pour que tous soit au mieux pour les yeux et sa fait plaisir d entendre les résidentes nous remerciés pour l appréciation de ces beaux jardins .
    Merci Pascale pour ce que vous nous apporter de confiance et de satisfaction de notre travail .
    Au plaisir de faire d autres créations avec mes cordiales salutations.

    Randin J-F

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  2. Rosemarie

    Ton interview est très touchant et correspond tellement « au Revital »
    Merci pour votre travail et pour cette belle institution!

    Réponse

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